Rupture brutale des relations commerciales établies : quels recours pour le partenaire lésé ?
Publié le :
12/01/2026
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La stabilité des relations commerciales constitue un pilier essentiel du monde des affaires. Elle permet aux entreprises de sécuriser leurs approvisionnements, d’anticiper leurs investissements et d’organiser durablement leur activité.
Pourtant, il arrive qu’un partenaire mette fin soudainement et sans préavis suffisant à une relation commerciale de longue durée, plaçant ainsi son cocontractant dans une grande fragilité financière.
Cette situation, appelée rupture brutale des relations commerciales établies, est sanctionnée par l’article L.442-1, II du Code de commerce qui ouvre droit à une indemnisation pour le partenaire lésé.
Qu’est-ce qu’une rupture brutale des relations commerciales établies ?
L’article L.442-1, II du Code de commerce sanctionne le fait, pour une entreprise, de rompre brutalement, même partiellement, une relation commerciale établie sans préavis écrit suffisant tenant compte de la durée et de l’intensité de la relation. Dans une telle situation, l’auteur de la rupture engage sa responsabilité.
La rupture est considérée comme étant « brutale » lorsqu’elle est unilatérale, soudaine, et qu’elle ne respecte aucun préavis suffisant.
Ce régime de responsabilité concerne seulement les relations commerciales établies. Une relation commerciale est dite établie lorsqu’elle présente un caractère ancien, stable et régulier. La formalisation écrite de la relation n’est pas indispensable : l’existence de la relation peut être démontrée par tout élément probant (historique de commandes, échanges contractuels ou correspondances).
Les conditions de mise en œuvre de l’action
L’auteur de la rupture engage sa responsabilité s’il met un terme à une relation commerciale établie sans respecter un préavis suffisant, sans tenir compte des usages commerciaux ni de la réalité économique de leur relation, et s’il cause un préjudice réel à son cocontractant.
En pratique, le respect d’un préavis suffisant permet au partenaire commercial de s’organiser, de diversifier ses sources d’approvisionnement ou encore d’adapter sa stratégie. Sa durée tient compte de la durée de la relation, du volume d’affaires et des investissements réalisés par le partenaire évincé.
Quelles sont les sanctions encourues ?
L’entreprise victime peut solliciter des dommages-intérêts en compensation du préjudice subi par la brutalité de la rupture, à savoir :
- Le manque à gagner correspondant à la période pendant laquelle un préavis raisonnable aurait dû être respecté ;
- Les frais engagés pour tenter de maintenir la relation ;
- L’atteinte à l’image ou à la réputation, lorsqu’elle est directement liée à la brutalité de la rupture.
Ainsi, le préjudice indemnisable doit être imputable à la rupture brutale, et non à la simple cessation de la collaboration.
Dans certains cas, un préjudice moral peut également être invoqué sur le fondement de l’article 1240 du Code civil, en particulier si la rupture a été accompagnée de comportements vexatoires ou abusifs.
Les recours et voies d’action du partenaire lésé
Dans un premier temps, la victime peut engager une démarche amiable, notamment par le biais d’une négociation ou d’une médiation sous l’égide du médiateur des entreprises.
En l’absence d’accord, elle peut saisir le tribunal de commerce, compétent pour connaître des actions en réparation de la rupture brutale des relations commerciales établies (article D.442-3 du Code de commerce). L’action se déclenchera par la délivrance d’une assignation par un commissaire de justice.
Historique
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