Inexécution contractuelle en matière commerciale : qu'est-ce que la force majeure ?
Publié le :
05/08/2026
05
août
août
08
2026
En principe, les parties sont tenues d'exécuter les obligations qu'elles ont librement souscrites. En cas d'inexécution, leur responsabilité contractuelle est susceptible d'être engagée.
Toutefois, certaines exceptions permettent à une partie de s'exonérer de sa responsabilité lorsque l'inexécution du contrat résulte d'un événement indépendant de sa volonté. C'est notamment le cas de la force majeure.
La force majeure : une cause d'exonération de responsabilité strictement définie
L'article 1218 du Code civil définit la force majeure comme : « un événement échappant au contrôle du débiteur, qui ne pouvait être raisonnablement prévu lors de la conclusion du contrat et dont les effets ne peuvent être évités par des mesures appropriées, empêche l'exécution de son obligation par le débiteur. »
Cette définition consacre trois critères cumulatifs qui doivent impérativement être réunis pour que la force majeure soit reconnue :
- L'imprévisibilité
L'événement invoqué ne devait pas pouvoir être raisonnablement anticipé au moment de la conclusion du contrat. Cette appréciation s'effectue à la date de signature de la convention et non au moment de son exécution.
- L'irrésistibilité
L'événement doit rendre l'exécution de l'obligation objectivement impossible. Une simple difficulté d'exécution, une augmentation des coûts ou une baisse de rentabilité ne suffisent pas.
Le débiteur doit démontrer qu'aucune mesure raisonnable ne lui permettait de remplir son obligation malgré les circonstances.
- L'extériorité
Enfin, l'événement doit être extérieur à la personne qui invoque la force majeure. Il ne doit résulter ni de son comportement, ni de sa négligence, ni de son organisation interne.
Quels sont les effets de la force majeure sur le contrat ?
Lorsque la force majeure est reconnue, ses conséquences diffèrent selon que l'empêchement est temporaire ou définitif.
- L'empêchement temporaire : une suspension de l'exécution du contrat
Lorsque l'événement est appelé à disparaître, les obligations contractuelles sont en principe suspendues pendant toute la durée de l'empêchement, et le contrat reprend dès que l'exécution redevient possible.
Toutefois, si le retard prive le contrat de son intérêt économique ou rend son exécution inutile, la résolution du contrat peut être justifiée.
- L'empêchement définitif : la résolution automatique du contrat
Lorsque l'événement rend définitivement impossible l'exécution des obligations, le contrat est résolu de plein droit.
Les parties sont alors libérées de leurs engagements respectifs sans qu'aucune faute ne puisse être reprochée au débiteur empêché.
Quels événements peuvent constituer un cas de force majeure ?
Certaines situations peuvent être qualifiées de force majeure dès lors qu'elles réunissent les trois critères prévus par l'article 1218 du Code civil.
Il peut notamment s'agir :
- De catastrophes naturelles (séismes, inondations, tempêtes d'une ampleur exceptionnelle) ;
- D’événements climatiques extrêmes ;
- De certains incendies ou sinistres imprévisibles.
Enfin, et contrairement à une idée reçue, la crise sanitaire n'a jamais été reconnue comme un cas de force majeure de manière automatique. Les juridictions ont procédé à une analyse individualisée de chaque situation.
Cette analyse rappelle que la force majeure ne se présume jamais. Elle suppose une démonstration rigoureuse de la réunion des trois conditions légales et une analyse précise du contexte contractuel.
Historique
-
Inexécution contractuelle en matière commerciale : qu'est-ce que la force majeure ?
Publié le : 05/08/2026 05 août août 08 2026ACTUALITES DU CABINETEn principe, les parties sont tenues d'exécuter les obligations qu'elles ont librement souscrites. En cas d'inexécution, leur responsabilité contractuelle est susceptible d'être...
-
Expert judiciaire : un refus de réinscription doit être contradictoire
Publié le : 30/07/2026 30 juillet juil. 07 2026Droit des obligations et des suretés / Procédure civileLe refus de réinscription d'un expert judiciaire sur la liste d'une cour d'appel ne peut être fondé que sur des motifs au sujet desquels l'intéressé a été préalablement mis en m...Source : www.lemag-juridique.com
-
Désignation d'un administrateur provisoire l'absence de syndic s'apprécie au jour du jugement
Publié le : 28/07/2026 28 juillet juil. 07 2026Droit immobilier / CopropriétéLa désignation d'un administrateur provisoire constitue une mesure exceptionnelle destinée à remédier à l'absence de syndic au sein d'une copropriété. Encore faut-il que cette s...Source : www.lemag-juridique.com
-
Loi du 13 juillet 2026 : une assistance obligatoire par avocat pour les mineurs en assistance éducative
Publié le : 27/07/2026 27 juillet juil. 07 2026Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoineLa loi n° 2026-630 du 13 juillet 2026 renforce les garanties accordées aux mineurs dans le cadre des procédures d'assistance éducative. Elle modifie l'actuel article 375-1 du Co...Source : www.lemag-juridique.com
-
Plan de cession : un obstacle à l'extension de la liquidation judiciaire
Publié le : 24/07/2026 24 juillet juil. 07 2026Droit des sociétés / Procédures collectivesLa Cour de cassation confirme que l'adoption d'un plan de cession, qu'il soit total ou partiel, fait obstacle à l'extension d'une procédure de liquidation judiciaire pour confus...Source : www.lemag-juridique.com




